Évoluer en Suisse : compétences & conditions: Taux d'emploi des 15-64 ans : 80,7 % en 2023 (vs 70,4 % UE); Chômage suisse : 4,5 % en 2019, encore au-dessus de 2023; Reconnaissance diplôme obligatoire pour métiers réglementés en Suisse
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Évoluer professionnellement en Suisse : compétences, mobilité et conditions de travail

Au 1er janvier 2024, la Suisse comptait environ 9 millions d’habitants. En 2019, son PIB par habitant atteignait 75 200 EUR, soit 112,4 % de plus que la moyenne de l’UE-27, à 35 400 EUR.

Le marché du travail suisse en chiffres

Au 1er janvier 2024, la Suisse comptait environ 9 millions d’habitants. En 2019, son PIB par habitant atteignait 75 200 EUR, soit 112,4 % de plus que la moyenne de l’UE-27, à 35 400 EUR.

En 2023, le taux d’emploi des 15 à 64 ans s’élevait à 80,7 %, soit 10,3 points de pourcentage de plus que dans l’UE-27. Il atteignait 76,8 % chez les femmes et 84,4 % chez les hommes. Celui des jeunes était de 61,5 %, également au-dessus de la moyenne européenne.

En 2023, le taux de chômage suisse était inférieur de 2 points de pourcentage à celui de l’UE-27. Il n’était pas encore revenu à son niveau d’avant la pandémie, soit 4,5 % en 2019.

Indicateurs clés du marché du travail suisse (2023-2024)

  • 80,7%Taux d'emploi (15–64 ans)
  • 2Taux de chômage (Suisse vs UE-7) — Inférieur de 2 pts à l’UE-27
  • 2019PIB par habitant — 75 200 €
  • 76,8%Taux d'emploi chez les femmes (15–64 ans)

Compétences recherchées : adaptabilité, numérique et curiosité

Selon le rapport 2025 du World Economic Forum, près de 40 % des compétences de la main-d’œuvre mondiale devront être mises à jour ou remplacées d’ici 2030. Résilience, flexibilité et agilité sont les composantes de l’adaptabilité mises en avant pour accompagner cette évolution.

Lise Navoni, recruteuse chez Albedis, relève l’avantage des candidats capables de rester agiles et d’apprendre en permanence. S’adapter peut aussi signifier prendre des initiatives lorsqu’une entreprise introduit un nouveau système ou se réorganise.

La curiosité aide à apprendre et à prendre des initiatives, souligne Thomas Delouere, recruteur chez Albedis. Elle se traduit notamment par le fait de suivre des cours, de tester de nouvelles approches et de poser des questions. Apprendre après avoir obtenu un emploi permet aussi d’approfondir son domaine.

EURES relève que les emplois nécessitent de plus en plus de compétences numériques. Se former en continu aux évolutions technologiques aide à maintenir ces compétences à jour.

Compétences les plus valorisées sur le marché du travail suisse

  1. Adaptabilité et agilitéHautement recherchée
  2. Compétences numériquesCroissance continue
  3. Curiosité intellectuelleFavorise l’apprentissage continu

Se former et se reconvertir grâce à la mobilité professionnelle

L’État du Valais encourage la mobilité interne par la planification du personnel, les mises au concours internes, les entretiens individuels et annuels ainsi que la formation continue. Les possibilités tiennent notamment compte des performances, du comportement, des compétences et du potentiel des collaborateurs.

Un transfert peut se faire sans changement de traitement, avec un niveau de responsabilité identique, ou avec un changement de traitement et un niveau de responsabilité supérieur ou inférieur. Il peut avoir lieu dans le même service ou dans un autre.

Stéphanie Denis a commencé en 2003 comme collaboratrice administrative, puis a suivi une formation continue en ressources humaines et obtenu un poste dans ce domaine. Elle a ensuite travaillé six ans comme conseillère à l’ORP de Martigny. Depuis l’automne 2018, elle est assistante du chef du Département de l’économie et de la formation.

Christine Genolet-Leubin travaille pour l’État du Valais depuis 2010. Après avoir dirigé l’inspectorat des denrées alimentaires et le laboratoire de microbiologie, elle est devenue en 2017 adjointe du chef du Service de l’environnement. La mobilité interne aide l’employeur à assurer la relève avec des collaborateurs déjà en poste.

Pour préparer un changement, Stéphanie Denis conseille de réfléchir à ses objectifs, puis de consulter la bourse de l’emploi de l’État et des plateformes externes. Un CV et une lettre de motivation aux normes suisses sont aussi des atouts pour une candidature en Suisse.

La formation professionnelle suisse permet d’évoluer à différents niveaux. Le SEFRI répertorie notamment les AFP, les CFC, les examens professionnels et les examens professionnels supérieurs, ainsi que les filières reconnues des écoles supérieures.

Les adultes peuvent changer de voie et évoluer grâce à l’offre de formation continue. La formation professionnelle supérieure et la formation continue à des fins professionnelles sont principalement financées par les individus et les entreprises.

Pour une mobilité au-delà des frontières, le réseau EURES et son portail donnent accès à des milliers d’offres dans l’UE/AELE. On y trouve aussi des informations sur les conditions de vie et de travail, des conseils pour postuler et la possibilité de déposer son CV en ligne.

EURES compte plus de 1 000 conseillères et conseillers, présents dans les pays membres de l’UE/AELE. EURES Suisse ne place pas directement les candidats, mais ses conseillers et ceux du pays de destination peuvent informer sur le marché du travail et aider à préparer un dossier conforme aux exigences locales.

La Suisse et plusieurs États de l’UE/AELE ont signé un accord multilatéral qui facilite le télétravail des personnes frontalières. Pour les formalités, EURES rappelle que les employeurs ne demandent généralement pas d’avance pour les démarches administratives ou les assurances sociales.

Conditions de travail et cadre légal à connaître

La loi sur le travail vise à protéger la santé des travailleurs et encadre les durées du travail et du repos. Elle s’applique en principe aux entreprises privées et publiques ainsi qu’aux personnes qui y travaillent, sous réserve d’exceptions.

Certaines catégories ne sont soumises ni aux règles de protection de la santé ni à celles sur la durée du travail et du repos. Le SECO cite notamment les entreprises familiales, les ecclésiastiques, les équipages des entreprises suisses de transport aérien, les voyageurs de commerce et les bateliers rhénans.

Les entreprises de transport public relèvent d’un régime particulier : les dispositions de protection de la santé s’appliquent par le biais de l’OLDT. Les exceptions comprennent aussi les entreprises de navigation maritime sous pavillon suisse et le personnel domicilié en Suisse d’une administration publique étrangère ou d’une organisation internationale.

Certaines catégories ne doivent appliquer que les dispositions de protection de la santé. Il s’agit notamment des administrations fédérales, cantonales et communales, des personnes exerçant une fonction dirigeante élevée, des artistes indépendants, des scientifiques et de certains enseignants et personnels d’établissements.

Les entreprises agricoles et les services liés à leur activité, les offices locaux de collecte du lait et les entreprises qui le travaillent ne sont soumis qu’aux dispositions sur l’âge minimum d’admission à l’emploi.

Reconnaissance des diplômes et équivalences

Pour une personne formée hors de Suisse, la reconnaissance du diplôme peut être nécessaire avant d’exercer certaines professions. Elle est obligatoire pour certains métiers réglementés.

Le guide Ma Vie en Suisse présente les équivalences entre la France et la Suisse, les cas où une reconnaissance est requise et les démarches à effectuer. Vérifier ces exigences est donc une étape utile avant de postuler dans une profession réglementée.

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